Expert reconnu du trouble bipolaire, il est rédacteur en chef de l'ADAA "Journal of Mood & Anxiety Disorders" et figure parmi les psychiatres les plus influents des États-Unis.
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Avis d’expert : pourquoi ai-je peur d’être un fardeau en vieillissant ?
- Stephen M Strakowski MD
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De nombreuses personnes, notamment des femmes, ont peur de devenir un fardeau pour leurs proches en vieillissant. Cette crainte est liée à plusieurs facteurs, tels que les problèmes de santé, les difficultés financières ou encore la perte d’autonomie. Nous avons échangé avec le psychiatre américain Steve Strakowski, professeur à l’université du Texas à Austin (Etats-Unis), pour mieux comprendre cette inquiétude et découvrir comment y faire face.
Est-il fréquent d’avoir peur d’être un fardeau en vieillissant ? Quels facteurs spécifiques alimentent cette peur ?
Cette peur est très courante, en particulier chez les personnes qui observent des changements dans leur état de santé ou dans leur capacité à faire des choses par elles-mêmes. Elle survient généralement à la suite d’un diagnostic de maladie chronique, d’une chute ou d’une blessure, ou quand on est témoin de ce type de difficultés chez des personnes de son entourage. Les moyens financiers peuvent jouer, car certaines personnes s’inquiètent que leurs revenus ne permettent pas de faire face aux dépenses pour des soins ou des auxiliaires de vie.
Qu’est-ce qu’on peut mettre en place quand on est autonome, pour mieux se préparer au moment où on devra se faire aider ?
L’essentiel, c’est d’anticiper. Voici quelques conseils :
- Restez en activité et prenez soin de votre santé. Prenez soin de votre corps dès aujourd’hui pour rester autonome aussi longtemps que possible. Évitez ce qui peut nuire à votre santé, comme le tabagisme ou la consommation de drogues. Essayez de faire des exercices physiques d’intensité modérée régulièrement. Si besoin, n’hésitez pas à consulter un professionnel de la santé mentale.
- Commencez à épargner. En prévoyant un budget que vous pourrez utiliser par la suite pour des soins de longue durée ou un accompagnement dans les tâches de tous les jours, vous diminuerez votre stress.
- Cherchez du soutien. Restez proche de vos amis, de votre famille et de vos différents cercles de connaissances, ils seront là en cas de besoin comme vous êtes là pour eux.
- Parlez de vos souhaits. Réfléchissez au type de prise en charge dont vous souhaiteriez bénéficier pour la suite, l’endroit où vous aimeriez vivre. Dites-le à vos proches.
Le regard de la société sur la vieillesse nourrit-il cette peur de devenir un fardeau ?
La société présente souvent la vieillesse comme une période de déclin et de dépendance, ce qui explique que les gens ont l’impression d’être un fardeau quand ils doivent se faire aider. Or, la plupart des personnes en bonne santé resteront autonomes jusqu’à la fin de leur vie. Par ailleurs, les personnes âgées ont souvent de l’expérience qu’elles peuvent partager et transmettre aux jeunes générations. Chacun de nous peut apprendre à parler de la vieillesse autrement, par exemple en racontant comment des personnes âgées s’impliquent, aident leur communauté. En valorisant aussi cette étape de la vie, on peut changer les mentalités.
En quoi le fait de communiquer ouvertement avec sa famille et ses proches peut-il diminuer cette peur ?
Échanger sur ses inquiétudes, ouvertement et en toute franchise, est essentiel. De nombreuses personnes ont peur d’être un fardeau, mais n’en parlent pas à leur famille. Plutôt que de faire des suppositions, discutez de vos craintes et de vos besoins avec vos proches, vous pourriez être étonné de constater que des solutions existent et qu’elles pourront être mises en place le moment voulu.
Voici quelques conseils pour mieux communiquer à ce sujet :
- Commencez tôt. N’attendez pas le dernier moment pour parler de votre vieillesse et des aides dont vous avez besoin.
- Soyez honnête, mais optimiste. Exprimez vos besoins tout en proposant des solutions et expliquez comment vous pensez pouvoir rester autonome le plus longtemps possible.
- Écoutez vos proches. Ils peuvent avoir des points de vue différents du votre ou être plus disposés à vous aider que ce que vous imaginez.
- Envisagez un suivi par un professionnel de la santé mentale. Un psychothérapeute peut vous aider à trouver comment avoir ces conversations, si cela vous semble trop remuant ou trop difficile.
- Déterminez la prise en charge médicale que vous souhaitez avoir en fin de vie. Rédiger des directives anticipées pour la fin de sa vie est une possibilité inscrite dans la loi française. Ce document permet d’indiquer vos volontés par écrit. Discutez avec votre famille de la façon dont vos souhaits peuvent être respectés. Il vaut mieux avoir des conversations difficiles aujourd’hui que regretter des non-dits ou laisser ses proches sans repère.
En savoir plus avec notre partenaire Psycom :
- Sur la santé mentale des femmes
- Sur les troubles dépressifs
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- Comment s’aider soi-même, des outils pour tous
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Cet entretien, destiné à un public américain dans sa version originale, a été adapté pour la France par notre partenaire Psycom.
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